C’est dur la fin de vie, me dit-il.

  • « C’est dur la fin de vie» me dit l’inconnu, que lui répondre ?

Je suis à l’hôpital entre deux étages. Je marche comme un homme pressé d’accomplir une mission, j’attends l’ascenseur, un inconnu m’interpelle, « c’est dur la fin de vie » me dit-il ! Que lui répondre en quelques minutes ?

Au premier étage mon fils doit subir une opération des reins, j’étais passé le voir, il est à jeun et attend l’heure de son passage en salle d’opération.
Comment ça va fils ? ça va, j’ai faim ! Mon épouse, ou plutôt, la Mama du fiston, m’a délégué la mission du repas du fils ! J’assume !
« t’inquiète fils, je reviens après l’opération avec les provisions.»
Au 3eme, ma mère 94 ans souffre d’une maladie incurable qui s’appelle la vieillesse.
A midi je l’accompagne à la cuillère pour lui donner à manger. Drôle ce changement de rôle !
C’est bon, maman ?
– Hum…
– Tu veux autre chose ?
– Oui mon chéri, j’aimerais de la glace.
Après plusieurs jours d’hospitalisation, de transpiration, d’inquiétude, la Mama, (la mienne) qui demande de la glace ! Vous imaginez ?
Ça va, vous suivez ?
Moi qui vous bassine avec mes questions existentielles, projet-sens, mission de vie, lâcher prise…  Me voilà avec deux missions, porteur de sens, un bon sandwich pour mon fils et une glace pour ma mère. Le temps presse, je quitte la chambre de ma mère pour la première mission ! Maman m’attend pour son dessert !
Je me retrouve face à cet inconnu, sorti de nulle part « C’est dur la fin de vie » !
Que lui répondre ?
Pas le temps de faire la causette, il attend un soutient, une parole simple.
Bloqué entre mes deux étages, l’ascenseur arrive ! Et poursuit sa course.
Je reste avec cet homme aux yeux larmoyants, son teint est terne, le crane ras… J’ai pensée au cancer, puis à l’amie qui est partie avec ce mal-à-dire…
Que lui répondre ?  Je bredouille :
– Vous êtes en fin de vie ?
– Non ma mère.

Je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, je ne sais pas où en est le temps pour la maman de cet homme. L’instantané réponse qui me vient en pensant à l’amie que j’ai accompagnée à « mourir vivante ».
– C’est dur pour ceux qui restent, mais pas pour ceux qui partent. Ça va être dur pour vous, pas pour elle. Silence !
Il me regarde, me sourit et me fait signe des mains « Au revoir ? merci ? » Je ne sais pas
L’ascenseur revient, je lui renvois un signe des mains !
Je le quitte cet avec un double ressenti : Mes missions bonheurs et l’inconnu de la juste attitude avec cet inconnu.  Est-ce juste ? Suffisant ? A-t-il compris ? Le reverrais-je ?
Missions accomplies, glace, sandwich, visite… Je quitte l’hôpital, je recherche mon inconnu. Il n’est plus là. Je repars avec un sentiment ambiguïté. Etait-ce juste ?   Chez moi, je repense à cet homme.  Ce serait bien de le revoir ? Je ne sais pas.
Le lendemain je décide de venir plus tôt faire mes visites.
Je le retrouve, là, assis sur une banquette, cette fois c’est moi qui l’interpelle.
– Vous avez compris ce que je voulais vous dire ?
– Oui mais…
– j’insiste : il n’y a pas de fin de vie, il y a un changement de lieu de vie…
– Oui mais, … Puis : j’ai parlé hier à ma mère de notre rencontre.
Rencontre ! Vous comprenez ? Une simple phrase qui devient une rencontre…
Vous êtes juif ?
– Oui, pourquoi ?

– Moi je suis catholique et je ne sais pas.
– J’ose lui dire : Moi je sais ! Ce n’est pas une croyance, c’est plus profond que ça, je sais !
C’est un « je sais » sincère et non une simple parole consolatrice…  Il me regarde les larmes coulent…
Vous êtes beau ! Me dit-il !
De quoi parle-t-il ? Beau, beau en quoi ? Un homme en détresse ne dit pas à un inconnu vous êtes beau ! Non il s’agissait d’une certaine beauté de la relation qu’il captait. Tout simplement parce que j’étais là à ses côtés, la présence, l’écoute, le contact !  Il a trouvé une beauté dans l’attitude d’un inconnu (cette fois, c’est moi l’inconnu) qui vient lui parler à ce moment de détresse. Je le quitte en lui donnant une mission. « Vous direz à votre mère de ma part qu’elle n’ait pas peur… »
Ensuite il avait besoin de me parler d’autres épreuves de sa vie, la mort de son ami, sa solitude… J’ai pu écouter, j’avais pris un peu d’avance sur le déjeuner de ma mère par espoir de le revoir.

Pourquoi je vous raconte tout ceci ?
Pardon j’oubliais, l’opération de mon fils s’est bien passée.
Pourquoi je vous dis tout ça ? Nous sommes ici, à travers nos échanges, articles et commentaires à parler du sens de la vie, de mission de vie, de passage, de changement, de la souffrance, du temps, de D.ieu, de projet-sens…
Vous n’avez certainement pas tout lu, mais c’est là dans les articles de mes sites.

Là où j’en suis, j’ai partagé avec quelques personnes cette question de l’instant présent : Et maintenant qu’est-ce que je fais ? … Je me suis lancé dans ce travail d’accompagnement et d’enseignement depuis plus de 40 ans ; Depuis à peine 1 an sur internet.
A 70 ans, je partage mon questionnement quant à la suite à donner à tout ce travail d’une année avec un petit groupe de participants.
L’inconnu m’a fait repensé à ma mission du moment :
Enseigner l’accompagnement des êtres humains en détresse…
Lorsque l’épreuve vient frapper, rare sont ceux qui cherchent une solution sur internet. A ce moment, seul le silence est un refuge. Par contre, la synchronicité peut créer la rencontre avec ceux qui peuvent accompagner l’être en détresse durant ses moments de douleur.
Les derniers moments de vie dans l’ici de ce monde, « l’âmie » qui avait suivi les cours de « compagnonnage de soi » a dû laisser l’ordinateur de côté, la synchronicité a fait que nous avons pu continuer le travail en face à face jusqu’à l’avant-veille de son départ. (Témoignage)
C’est cela le projet de reconstruction : Continuer à enseigner, à partager toutes ces graines de sens que j’ai glanées dans mes différentes vies, mais cette fois à des professionnels de l’accompagnement ou à ceux qui souhaitent avoir les outils et la juste attitude face à l’épreuve d’un proche ou d’un inconnu.

Vous avez lu ce message jusqu’au bout, vous pouvez vous aussi vous inscrire à partager ces réflexions, participer à la refonte de tout ce travail pour un renouveau. IL suffit de vous inscrire ICI  aux 4 modules de présentation et de suivre les instructions.
Nous avons commencé depuis peu, il est encore temps d’être avec nous pour cette aventure non seulement de recevoir ce qui a été construit mais aussi de donner en retour un feed-back pour la reconstruction futur.

 

 

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