Chavouoth, le don de la Torah

Texte non corrigé

Quelques mots sur « Chavouoth », la fête du don de la Torah. Le livre !

Difficile à croire puisqu’il s’agit du Livre (Enseignement) que D.ieu a révélé à Moshé (Moïse) .
Qu’est-ce à dire ?

Avant même de parler du Livre, c’est-à-dire de la Torah, que dire de son auteur ? Dire D.ieu et nous ne savons pas de quoi on parle. Et si nous en parlons, nous créons une image, une idée, un concept. Dire D.ieu, et nous ne parlons plus de D.ieu.

Léo arrête d’écrire ! …
Évidemment ça dérange ! C’est tellement plus facile de croire sans connaître le véritable sujet de notre croyance. Un jour j’ai osé demandé à un kabbaliste de renom :
« Que disons-nous lorsque nous disons D.ieu ?  »
Ma question a été pris très au sérieux. C’est la question, me dit-il, où parmi les plus grands, beaucoup se sont trompé! Et pour appuyer ses dires il me sort un texte du Ben Ich Haï, (grand décisionnaire et kabbaliste du 19em siècle), qui reprend cette même question.

Hérétiques ? Non ! Pas tant que ça, D.ieu merci, je ne suis pas le seul à réfléchir sur ce sur ce qui ne peut être dit. Reste à savoir ce qui peut être dit. Lire la suite

Une page Blanche bien remplie

« Le premier chapitre est essentiel. Si les lecteurs ne l’aime pas ils ne liront pas le reste du livre » Joël Dicker. « La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. »

Commencer par quoi ? Rien ne vient.

Je suis devant ma page blanche ! Je me retrouve vide d’idée. Le plan du projet en main, plan élaboré très sérieusement, rien ne sortait. J’ai déposé ma plume de guerrier et je sors faire un tour.

2 mai 2017 10h, Har Homa, Jérusalem

Je suis sur la terrasse d’un café, je prends un café au lait sans sucre, ma page blanche à la main.  Quand on est devant la page blanche, la consigne est d’écrire ce qui est là dans l’instant. Et là, maintenant, c’est du soleil sur le visage, un café au lait sans sucre … une page blanche … un projet d’écriture sur le sens de la vie…

Je ressens un plaisir subtil, je me retrouve comme Proust avec sa madeleine. Ma madeleine, c’est du café au lait sans sucre… 
– Et alors ?

Ah le café au lait sans sucre, si j’étais Proust, je vous conterais un poème à vous faire rire et pleurer de joie. Mais aujourd’hui je ne suis pas là pour parler de ces petits déjeuners de la DASS.

– Tu es là pourquoi ?

Je suis là pour une chose sérieuse. Je dois écrire sur une des questions les plus importantes que l’homme se pose : « Le sens à la vie » ! Et je me retrouve là devant ma page blanche avec mon café au lait sans sucre !

Le livre, la page blanche, le café au lait, mon projet-sens… Tout est lié…

Je suis complètement fou ! Sortir un livre en moins de trois semaines, aux côtés de tous ces professionnels de l’écriture, alors qu’il me reste encore des restes de dysorthographie et des souvenirs dû au bonnet d’âne de mon enfance ! Et, pour me mettre la pression, j’annonce ma présence au festival du livre !

– C’est quoi ton problème, pourquoi cette précipitation ? Tu as besoin de reconnaissance ? Il te manque quelque chose ? Tu es malheureux ?

– Non, rien de tout ça, tout va bien, je suis là, sur la terrasse d’un café. Je ressens de la joie, un sentiment de liberté, heureux d’être là où je suis, où j’en suis et ce que je suis…

– Tu as fumé de la moquette avec ton café au lait ?

– Sans sucre, s’il te plait ! C’est important !

Arrêtons la plaisanterie. Le sujet est sérieux. Ce livre doit répondre aux essentiels de la vie : La pleine réalisation de la vie, mais aussi savoir répondre à la souffrance, à la mort, à l’amour, à la haine. Répondre au sujet de l’argent, de la richesse, de la pauvreté, de la chance, du bonheur, mais des épreuves.  Et plus encore, répondre à la question essentielle : Devant des situations dramatiques, devant l’horreur ! Oser la question : « Et D.ieu dans tout ça ? »

J’ai beaucoup écrit sur ces questions. J’ai écrit sur le coaching existentiel, sur la logothérapie, la kabbale existentielle. J’ai développé une méthode, pour découvrir ce pour quoi nous sommes sur terre : « le projet-sens ». J’ai partagé des expériences de vie sur des sujets extrêmement intimes, sur mon enfance, sur ma relation avec ce que l’on nomme D.ieu.  J’ai écrit sur des sujets qui nous prennent au plus profond de notre âme.

Je me souviens, ici même à Jérusalem, j’étais venu assister à une conférence du Rav Mordékhaï Chriqui sur la réparation universelle. Un homme vient à ma rencontre. La cinquantaine, belle allure, il aurait pu être rabbin, je dis ça car il était loin d’être de ces gens un peu paumé qui s’exalte dès qu’on leur parle de spiritualité.

« – Elie Guez ?  

– Oui … Bonjour,

Je voudrais juste vous serrer la main, et vous dire Kol ha Cavod [4] pour votre travail… Quand on vous écoute, vous nous faites revivre. » Me dit-il !

Ouf ! Ce n’est pas évident à recevoir …

Et puis ces témoignages à vous couper le souffle…  Pour n’en citer que le dernier : « Mon âme est comblée. Une révélation qui confirme tout ce que j’ai lu et que je ne saisissais qu’avec mon intelligence. Mais ce matin c’est la Vie ! Merci Elie ».

Tu comprends ? C’est sérieux ! Je dois écrire là-dessus.  Ecrire sur « Vivre et Exister ». Comment être vivant dans la vie, sans avoir besoin de passer de l’autre côté pour comprendre ce que signifie être vivant dans la vie

Je pense à Esther, tout ce travail contre sa maladie. Jusqu’au jour où, toujours malade, elle me dit : « Je suis guérie». Jusqu’au jour où elle nous a quitté. Mon dernier souvenir d’elle était son rire. J’ai alors écrit ce texte  » Mourir vivante« . « Maintenant elle sait », m’a-t-on dit. Non, elle savait avant de partir…

 

Etre vivant de notre vivant, tel est le but de la vie.

– Tu es vivant ?

Non, pas toujours mais souvent ! Là, à l’instant, pendant que j’écris avec mon café au lait sans sucre, je suis bien vivant. C’est comme ce jour où j’ai mangé une pomme dans le désert, où encore, quand, juste avant Chabbat, je lâche prise et je prends de la tarte au romarin avec mon épouse…

– Quoi ? Café au lait sans sucre, pommes dans le désert, tarte au romarin, c’est ça être vivant ? Pourquoi pas le couscous boulette ?  Il est là le bonheur ?  Le sens de la vie, c’est bien manger, bien dormir, bien rire ?

Oui, il est aussi là. « Il est là le bonheur» dans ces choses toutes simples comme, une fleur, un coucher de soleil, un câlin, un regard, le sourire d’un enfant… Evidemment ça parait un peu con de le dire comme ça, mais ça commence comme ça. Regarde le bébé après avoir pris le sein de sa mère, n’est-il pas heureux ? Qu’est-ce qu’il demande d’autre que du lait et de l’amour ?

– Tu es copain avec Epicure ? Bien manger, bien dormir, jouir de la vie ?

Ne pas oublier que pour Epicure, le top c’est l’ataraxie, « la tranquillité de l’âme »[11].
La nourriture s’affine, besoin d’affection, d’amour, de reconnaissance, d’appartenance, de connaissance, de réalisation… Jusqu’à la nourriture de l’âme.

– Tu parles de la pyramide de Maslow ?

Oui, en quelque sorte ! Il nous faut comprendre quels sont les vrais besoins de l’existence. Besoins physiologique, besoins de sécurité, d’appartenance, de reconnaissance, jusqu’au sommet de la pyramide. Pour Maslow c’est le besoin de réalisation. Les besoins de base assouvies nous retrouvons l’idée d’ataraxie d’Epicure. Il faut ensuite apprendre la gratitude, remercier pour ce que la vie nous donne.

– Le bonheur serait toujours dans le recevoir, jusqu’au besoin de l’âme ? 

Non ! Justement, c’est là que commence le vrai sens, V. Frankl ajoute le besoin de sens.

– Et la Kabbale dans tout ça ?

C’est pareil. Kabbale veut d’abord dire « recevoir » : Être reçu dans un cercle d’étude, recevoir l’influx divin, l’inspiration…

– C’est encore recevoir !

En effet, ça commence par aussi par recevoir. Il y a un sens nécessaire à « recevoir », même si c’est par mon propre travail que je reçois. Même si celui qui me donne c’est moi-même. Comme le dit Hillel l’ancien, dans les Maximes des Pères. « Si je ne suis pas pour moi qui suis-je ». Ça commence bien par la construction de soi. Mais c’est la suite du texte qui donne le véritable sens de cette construction de soi : « Si ce n’est que pour moi que suis-je ». Recevoir, se réaliser oui, mais par que pour soi. C’est là que vient l’enseignement de la Kabbale du Rav Achlag« Apprendre à recevoir pour mieux donner ». Vivre, c’est plus encore qu’Exister. Plus encore que le bonheur de recevoir il y a la joie dans le don. Alors le sens de l’existence prend une autre dimension, un autre sens, celui de donner, d’aimer… Redonner ce que la vie nous donne.

L’essentiel est de donner. Mais pour bien donner, donner juste, il faut avoir reçu. Reçu la juste mesure du besoin de recevoir, pour donner à la juste mesure.

– Et bien, voilà ! Ta page blanche est bien remplie ! Et maintenant, tu fais quoi ?

Je lâche le sommaire, le synopsis, comme le disent les éditeurs. J’écris quand ça vient, comme ça vient, ce qui vient, le livre sortira comme il sortira et s’il n’y avait qu’une page blanche. Son titre sera « Ma page blanche ». Un texte à « pré-texte », indicateur de sens pour ceux qui sont en chemin vers eux-mêmes.

Je parlerai de moi, de mon parcours, comment j’en suis arrivé là, où j’en suis et pourquoi cela a commencé par le café au lait sans sucre que nous buvions à la DASS avec mes frères et sœurs …  Je n’avais que 10 ans…

J’avais programmé de commencer mon livre avec la page blanche de l’écrivain. Je ne savais pas où cela m’amènerait. J’ai envoyé ma page blanche aux lecteurs de mon imaginaire. Le livre va s’écrire en réponse des retours que j’aurai avec ces lecteurs accoucheurs de texte.

« Ton livre a en effet beaucoup de « sérieux ». Ce que tu veux partager, c’est peux être non pas du sérieux, mais quelque chose de léger ». Lydia

– Tu trouves ça sérieux de partager un café au lait sans sucre avec mes lecteurs ? J’écris quand ça vient, comme ça vient. Je réponds aussi en marchant au bord de ce fleuve qui change à chaque instant avec ses eaux qui coulent. ( Et je dépose mes lignes sur la rive pour le partager avec les passants.
Regarde, Lydia, ce que je reçois ce matin après l’envoi de ma page blanche.

« Wouah, quel menu, digne des plus grandes tables de l’humanisme ! L’enseignement que vous délivrez vit en chacun de nous avec nos sensibilités et nos histoires. L’enrichissement de nos expériences et de votre enseignement est à mon sens la rampe de lancement d’une vision totalement humaniste et constructive qui peut être offerte à qui le souhaite pour apporter un peu de réconfort en ces temps qui sont durs à vivre. Bref, l’intelligence collective. »  Jean Philippe

Oui, c’est ainsi. L’écriture de ce livre se construit. Tout est co-création ! Co-création avec les enseignants qui m’ont précédé. Co-création avec les élèves qui m’ont questionné. Co-création avec l’âme du monde qui inspire mon âme. Co-création avec les accoucheurs de mots… « Qu’est-ce que tu as vraiment à dire et que tu n’as pas encore dit ?  Qui est ton D.ieu ?  Et ta relation avec Lui ?

Et puis, l’intelligence de l’instant qui s’inspire de cette intelligence collective.

Tu comprends ? Quand je lis des retours comme ceux-ci, ça « donne le feu ». Tu connais ça, le feu de la vie !  Mais parfois, ceux qui viennent à moi sont face à un feu destructeur. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils souhaitent en finir avec cette souffrance qui les ravage, au point de vouloir tout simplement en finir avec la vie. Mon métier est alors d’éteindre ce feu destructeur. Et comme je ne suis pas pompier, je leur propose un voyage dans le désert, ou de participer à la démarche du « Compagnonnage de soi »

Tu as vu juste Lydia. Je veux mettre du léger dans le lourd, de la tendresse dans le dur, de la joie dans les larmes… Et j’ai vu que cela ne fonctionne pas avec des sermons religieux comme l’on fait les amis de Job. J’ai vu combien j’ai pu aider face au POURQUOI par la réponse juste et vraie « Je ne sais pas ». Là maintenant, je ne sais pas, mais cherchons à entendre, à écouter, cherchons comment le vivre, avant de comprendre pourquoi. Peut-être que la bonne attitude peut aider à trouver le sens. Peut-être que la mal-à-dire peut alors dire « OK, t’as compris ! Alors, je peux partir. »  Peut-être !

 

PS

Ce texte n’est évidemment pas corrigé à ce jour où je vous l’offre dans son état comme je l’ai reçu ce matin du 2 mai 2017 10h à Har Homa dans la terrasse d’un café pendant que je buvais un café au lait sans sucre face à ma page blanche…
Elie, Léo